Témoignage : deux objectrices Israéliennes

Samedi 17 septembre, le Centre de ressources accueillait deux jeunes objectrices israéliennes, invitées par  le Collectif des objecteurs tarnais (COT 81) à partager leur expérience, au cours d’une tournée de deux semaines en France. Nous  étions  une  trentaine  à  écouter  leurs  témoignages  puis  à  discuter  avec elles.

Idan, 24 ans, nous a d’abord expliqué qu’en Israël, chacun doit faire le service militaire obligatoire, 2 ans pour les femmes et 3 pour les hommes. Cela permet de servir la société israélienne. L’image de l’armée étant  très  positive  dans  la  société  et  ce,  intégré  depuis  le  plus  jeune  âge,  les  jeunes  sont  accoutumés  à l’idée de ce service militaire obligatoire.

Idan, militante féministe pensait avoir l’occasion de promouvoir cette cause pendant son armée. Mais elle a découvert que cela était impossible, l’aspect patriarcal étant fortement marqué au sein de l’armée ainsi que la violence, l’agressivité et l’arrogance étant valorisées. L’armée jouant un rôle central dans la société civile,  les  soldats  et  leur  violence  sont  considérés  positivement  et  cela  crée  un  climat  d’indifférence  à  la violence. Il est souvent nécessaire de porter des armes pour se défendre. Ces armes servent aussi à tuer des femmes.   Prenant conscience de tout cela, Idan décide de ne pas faire le service militaire. Commence alors un long processus.

Les motifs acceptés d’exemption sont soit d’ordre religieux, soit parce que la femme est mariée ou mère, soit  pour  des  problèmes  psychologiques  et  enfin  pour  raison  de  conscience.  Mais  ce  dernier  motif d’exemption  n’est  pas  du  tout  annoncé  aux  jeunes.  L’objection  de  conscience  équivaut  au  pacifisme  en Israël  .

Idan  a  reçu  un  refus  d’exemption  et  a  été  emprisonnée  pendant  2  semaines.  Finalement,  après  avoir réitéré sa demande, elle a fini par être acceptée.

Sahar, 20 ans, nous a raconté son éducation dans une école juive sioniste à Jérusalem. Elle nous a donné des  exemples  de  la  façon  dont  l’armée  imprègne  la  vie  là-bas.  Par  exemple,  sur  les  livres  d’école,  pour apprendre les chiffres, il est montré 3 chars, 5 avions militaires… Le symbole de l’armée israélienne est une épée  entourée  d’un  rameau  d’olivier  car  l’armée  est  là  pour  protéger.  Dans  les  écoles,  le  conseiller d’orientation    est  un  militaire.  En  classe  de  première,  les élèves  passent  une  semaine dans une  caserne. Enfin dans l’éducation, on apprend la peur.

Elle  raconte  aussi  comment  elle  a  grandi  pendant  la  seconde  Intifada  et  comment  elle  a  vu  des  bus exploser et des gens mourir. La plupart de ses amis ont accepté de faire le service militaire. Elle a voulu comprendre ce qui se passait de l’autre côté, en Palestine. Elle a donc,  de façon régulière,  été dans un petit village proche où vivent 205 familles. Pour elle, cela lui a permis de vivre une expérience très riche, elle  a  contribué  à  des  chantiers  de  plantation  d’oliviers  notamment.  Puis,  elle  a  ainsi  vu  se  construire  le mur qui sépare les deux communautés humaines. Cette construction a entraîné le saccage des plantations, la fermeture de l’épicerie du village qui n’était plus approvisionnée. Elle a mesuré l’impact de l’occupation sur  le  village.  Et  entre  ce  qui  était  dit  en  Israël  sur  le  mur  censé  protéger  et  la  réalité,  elle  a  mesuré  la discordance. Elle a participé à des manifestations avec les palestiniens au pied du mur et a alors assisté aux tirs  des  soldats  israéliens  (balles  en  caoutchouc  et  gaz  lacrymogène).  Cela  a  changé  sa  perception  du monde. Et avec des amis, elle a formé le groupe des « shiministins » qui refuse l’occupation palestinienne. Elle a donc refusé de faire le service militaire et a été emprisonnée pendant 5 mois. Elle raconte comment les  maisons  palestiniennes  sont  détruites  en  5  minutes,  après  avoir  laissé  juste  le  temps  aux  occupants d’en sortir.

La  discussion  s’est  poursuivie  à  partir  de  questions  posées  par  les  participants,  grâce  à  la  traduction assurée par 4 personnes, dont une adhérente du Centre de ressources que nous remercions vivement pour sa participation.

Nous avons pu observer leur courage et leur détermination. Leur passage en France leur permet de faire avancer  la  cause  de  la  paix  entre  israéliens  et  palestiniens.  Cela  leur  permet  aussi  de  sentir  un  grand soutien et un encouragement de notre part, ce qui n’est pas le cas dans leur pays.

Merci à elles et au COT 81 de cette belle occasion de voir la non-violence à l’œuvre !

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Gandhi, un simple être humain, un avocat, avec ses défauts qui a fait un parcours vers la non-violence. Il a pu employer des propos qui peuvent nous paraître polémiques, racistes. Mais il a su être un guide aussi, contre ces défauts-là.

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