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1. Refuser d'être victime
Ne plus vouloir être victime, c'est le début d'une démarche
non-violente. Qu'on ne dise pas que c'est se conduire comme un mouton
: c'est tout le contraire! Refuser d'être victime, c'est rompre une
relation où tu es perdant. Tu dis "pas ça, plus ça". "Ma vie
m'appartient…Mon corps m'appartient". Tu exiges qu'on te respecte. Tu
veux devenir l'acteur de ta propre histoire.
2. Oser dire
Lutter contre la violence, c'est
faire jaillir la parole : ta parole. Oser dire sa souffrance. Oser
dire sa peur. Que tu n'es pas d'accord avec ce qu'on te fait. Il faut
avoir le courage de briser la loi du silence. Par exemple, quand un
jeune se fait racketté, il est important qu'il réussisse à en parler
pour que cela s'arrête.
Bien sûr, des jeunes n'ont pas
toujours les mots pour dire. Ils s'expriment avec des coups. Ils se
sentent nuls alors ils cassent pour dire encore qu'ils existent. Sans
excuser leurs actes, il faut "entendre" leur violence pour les aider à
évoluer, à s'exprimer autrement, en leur proposant des activités, une
responsabilité. Alors, ils trouveront peut-être une autre manière de
s'affirmer.
3. Susciter le respect
Plus puissant que la violence, le
respect. Mais c'est bien difficile! On a tous envie d'être
respecté…mais le vrai défi c'est de respecter celui avec qui on n'est
pas d'accord, qui nous casse les pieds. Dans le sport, il s'agit bien
de lutter tout en respectant l'adversaire.
On entend dire souvent qu'il faut
rendre coup pour coup, qu'il faut apprendre à écraser l'autre pour se
faire une place dans la société. Au cinéma, à la télévision, bien des
films nous disent que le plus fort, c'est le plus violent, le plus
"macho". Mais dans la vie bien réelle, ceux qui respectent les autres
ne sont pas pour autant des perdants. On dit d'eux qu'ils ont une
parole on sait qu'on peut leur faire confiance. Comme ils respectent
les autres, ils se font respecter.
Le respect, cela commence par apprendre à écouter l'autre. Alors, on
sait mieux se faire entendre de lui. Et en coopérant ensemble, on peut
aussi gagner!
4. Faire appel à un tiers
La violence, cela revient très
souvent à deux camps qui se battent. Sortir de la violence, c'est
faire intervenir un tiers qui permette de faire évoluer le conflit.
C'est par exemple une personne qui va peut-être réussir à obtenir que
les adversaires acceptent de se parler.
Mais le tiers, c'est aussi la Loi.
Quand un enfant dit "tu n'as pas le droit de me faire ça", il
introduit la loi entre lui et son agresseur pour lui dire "stop!". Il
est aussi important que des adultes posent clairement des limites à
des jeunes aux conduites violentes. Leur donner ainsi des repères et
des interdits, c'est les aider à se construire.
5. Devenir médiateur
Celui vers qui on va pour régler un
conflit, ce peut être chacun de nous : le médiateur. Face au conflit,
nous avons quatre attitudes possibles :
- Faire comme si le conflit
n'existait pas ;
- se soumettre ou prendre la fuite ;
- Faire preuve d'agressivité et de
violence en considérant que c'est la faute de l'autre ;
- Rechercher un compromis, ce qui
fait partie d'une démarche non-violente ;
Le rôle du médiateur est précisément
de faciliter la recherche d'une telle solution. Quand des personnes
sont en conflit, elles ne voient pas forcément la possibilité d'un
compromis. Le médiateur n'a pas à prendre partie pour l'un ou pour
l'autre mais plutôt de les aider à trouver une solution par
eux-mêmes. On devrait enseigner cette manière de gérer les conflits
dès l'école.
6. Elaborer des règles en commun
La violence résulte souvent d'un problème collectif, d'une injustice.
A l'école, au travail, quand la violence apparaît, c'est souvent le
signe que quelque chose ne va pas dans le fonctionnement du groupe.
Alors mieux vaut en parler ensemble et rediscuter les règles de vie.
Dans les collèges difficiles, on sait que lorsque les jeunes sont
vraiment associés à la définition des règles, cela va plutôt mieux
après. Normal : leur parole a été prise en compte et ils se sentent
reconnus.
7. Construire un projet
Oser dire…Redéfinir les règles…c'est important. Mais cela ne dit pas
le sens de ce qu'on fait, de ce qu'on vit. Le sens, c'est le projet.
Par exemple, Quelles solutions proposer pour mieux vivre dans son
quartier, pour faire baisser la violence? Certains pensent qu'il n'y a
rien à faire ; sauf à mettre les jeunes en prison ou à quitter la
cité. Pourtant, des méthodes existent qui consistent à permettre aux
jeunes d'exprimer leur rage, aux policiers leur ras le bol, aux
gardiens de HLM leurs frustrations, etc.
Mais cette nécessaire expression des émotions et des besoins n'est
pas suffisante. Réussiront-ils par la suite à transformer leurs
rapports quotidiens et se poser la question : comment vivre ensemble.
sur quelles bases réorganiser nos relations pour que la cité soit
plushumaine? En somme, quel projet collectif mettre en œuvre malgré
nos différences ou plutôt grâce à nos différences ? C'est cela le
projet de la non-violence.
Prises isolément, ces sept manières de répondre à
la violence ne sont pas suffisantes. Mais ensemble, elles constituent
un tout cohérent : celui d'une pédagogie de l'action. Pour être mise
en oeuvre, cette pédagogie a besoin d'être portée par des personnes
déterminées à promouvoir la résolution non-violente des conflits. A
l'échelle individuelle, ce peut être chacun de nous. A l'échelle
collective, ce peut être aussi bien des associations que les pouvoirs
publics. Il y a mille et une manières de développer cette pédagogie de
la non-violence active. |