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Les interventions de la
communauté internationale dans les principaux conflits régionaux
récents ont fait apparaître de manière dramatique son incapacité à
mettre en oeuvre des forces d'intervention civiles qui puissent
prendre part efficacement au processus de paix.
Pourtant quelques expériences ont déjà eu lieu qui laisse entrevoir la
possibilité de mettre en oeuvre de telles forces d'intervention.
Jean-Marie MULLER
propose dans ce livre, à partir de la mise en perspective de ces
expériences, un véritable manuel de l'intervention civile.
Présentation par
Christian Le Meut (In Non-Violence Actualité,
novembre 1997)
Jean-Marie Muller a publié
au printemps dernier un ouvrage où il propose une définition du
concept "d'intervention civile" : "intervention non armée, sur le
terrain d'un conflit local, de missions extérieures, mandatées par une
organisation intergouvernementale, gouvernementale ou
non-gouvernementale, venant accomplir des actions d'observation,
d'information, d'interposition, de médiation et de coopération en vue
de prévenir ou faire cesser la violence, de veiller au respect des
droits de l'Homme, de promouvoir les valeurs de la démocratie et de la
citoyenneté et de créer les conditions d'une solution politique du
conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux de
chacune des parties en présence et leur permette de définir les règles
d'une coexistence pacifique" (p. 70).
L'histoire a connu beaucoup de cas d'interventions d'Etats dans
d'autres Etats qui n'étaient souvent que des prétextes pour les
envahir ou les soumettre. Aujourd'hui cette notion prend un autre sens
faire appliquer les droits de l'Homme. Plusieurs associations
internationales pratiquent des interventions civiles dans ce sens
ainsi que l'ONU, qui mène de plus en plus d'interventions à forte
coloration civile (Haïti, Guatemala, Salvador, Cambodge, Mozambique…).
L'auteur cite l'historien et homme politique polonais Bronislaw
Geremek, qui définit cette évolution : "La violence a été l'essence
même de l'intervention tout au long de l'histoire, une très longue
histoire. Ce n'est que maintenant que l'intervention commence à
prendre un sens différent, celui de la résistance à la violence fait
au faible, de défense du faible, de l'opprimé en situation d'extrême
nécessité, et cela, au nom de ici dignité humaine".
Cependant, l'auteur décrit plusieurs interventions récentes où l'ONU a
demandé aux Casques Bleus de remplir des missions humanitaires pour
lesquelles ils, n'étaient pas formés. "D'une manière générale,
écrit-il, que ce soit au Kurdistan irakien, en Bosnie, en Somalie ou
au Rwanda, la communauté internationale, sous couvert de l'ONU, a
voulu entreprendre des opérations militaires en leur donnant des buts
humanitaires. Mais chaque fois, l'intervention militaro-humanitaire
s'est déroulée sans que ses responsables aient clairement défini une
stratégie politique susceptible de créer les conditions d'un retour à
la paix". Car la paix, pour avoir des chances d'exister et de durer,
doit être l'occasion de changer profondément l'organisation sociale et
économique des pays concernés afin que les structures mêmes qui
avaient causé la guerre n'en engendrent pas de nouvelles. Ainsi, au
Salvador, des réformes profondes du système politique, juridique et
agraire, peuvent créer un fragile espoir pour l'avenir.
L'intervention civile diffère de l'intervention humanitaire parce
qu'elle intègre la dimension politique de la gestion du conflit.
L'humanitaire peut même, parfois, desservir la cause de la paix en ce
qu'il permet à la communauté internationale de se donner l'impression
d'agir alors que, divisée, elle ne parvient pas à définir une
politique commune et n'utilise pas de moyens de pression réels sur les
belligérants... Jean-Marie Muller souligne l'intérêt pour les missions
d'intervention d'être non-armées : "Le fait d'afficher clairement, le
caractère non-violent de l'intervention constitue un atout important
pour bénéficier du concours des populations locales : il peut
désamorcer d'éventuelles réactions de méfiance et de rejet de la part
des populations civiles à l'égard d'ingérences "étrangères" (p. 75).
A la fin de son livre, l'auteur fait le lien avec la campagne actuelle
pour la création, en France, d'un Service Civil de Paix, dont les
volontaires participeraient à des missions d'intervention civile à
l'étranger. Le Mouvement pour une Alternative Non-violente est
particulièrement investi dans la campagne pour la création de ce
service. Il présente aussi les projets européens comme la création
d'un "Corps européen civil de paix" approuvée par le Parlement
Européen. Elargissant son propos, il introduit le concept
"d'intervention sociale non-violente" pour définir une forme
d'intervention civile à l'intérieur des frontières. |

Table des
matières
1. Le
droit d'ingérence
2. Les interventions militaires de l'ONU
3. Les missions civiles de l'ONU
4. Les sanctions internationales
5. Principes de l'intervention civile
6. Les missions d'observation et de médiation
7. L'ingérence informationnelle
8. L'interposition non-violente
9. La reconstruction de la paix
10. Les corps d'intervention civile
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