La désobéissance civile – Henry David THOREAU

« La désobéissance civile »

Henry David THOREAU (1817-1862)

Fascicule ouvrage n°1354 petit format 59 pages Edition 1981, réédition 1988.

Première publication 1849

Autre titre : « du devoir de désobéissance civique » ou «  résistance à l’administration civile »

De 1845 à 1847, HDT décide d’aller vivre seul dans les bois dans une cabane au bord de l’étang de Walden. Il n’entend pas se placer hors du monde mais d’affirmer sa présence au monde.

C’est l’enseignement essentiel et libérateur de sa philosophie.

Il s’applique à montrer le caractère dérisoire des besoins matériels de l’Homme et se place en marge de la société de son époque au point de refuser de payer l’impôt pour protester contre la guerre déclarée au Mexique en 1846 et contre la pratique de l’esclavage.

Cela lui valût une nuit de prison et lui inspira le texte « la désobéissance civile », véritable profession de foi politique.

 

 

L’auteur analyse le rapport entre le citoyen et l’Etat. Qu’est ce que l’Etat dans la gouvernance d’un pays ? Ses pouvoirs et ses limites, les missions du gouvernement, l’intervention de l’Etat dans la vie du citoyen, l’intervention ou la participation du citoyen dans les décisions prises par le gouvernement, le pouvoir de l’individu face à l’Etat (il fait référence à l’exemple de la guerre du Mexique où les U.S.A. ont annexé une partie du Mexique)

Pour HDT « le gouvernement n’est qu’un moyen choisi par le peuple pour exécuter ses volontés… ».

Il est nécessaire au peuple d’en prendre conscience pour agir quand les décisions prises ne correspondent pas à leur volonté. Le gouvernement est au service du peuple et non le contraire. Ce n’est qu’un « instrument » ; c’est quand il se mêle le moins de la vie des gouvernés qu’il est le plus utile.

 

« Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins » (première ligne du livre)voire pas du tout. »

« Cependant ce gouvernement n’a jamais de lui–même encouragé aucune entreprise si ce n’est la promptitude à s’effacer »

Les initiatives sont la puissance de l’Homme ; dans le commerce, les affaires, par son dynamisme.

Au contraire des anarchistes (point de gouvernement), HDT demande un meilleur gouvernement.

Ca ne devrait pas être la majorité qui tranche (notion d’aléatoire, d’opportunités, de circonstances) mais la conscience du citoyen.

« Le citoyen doit-il jamais un instant, si peu que ce soit, abdiquer sa conscience au législateur »

« Je crois que nous devrions être Homme d’abord et Sujet ensuite »

Les hommes les mieux intentionnés peuvent devenir des agents d’injustice.

« La seule obligation que je dois assumer est de faire à tout moment ce que j’estime juste »

Pour HDT l’Homme n’est qu’un « magasin » de poudre ambulant au service de quelques gouvernements sans scrupules, s’il ne met en œuvre son bon sens et sa conscience ? Son jugement et son sens moral ? Sinon l’Homme se ravale ainsi en machine, automate, matière ou animale quand ce n’est pas le cas.

 

« Un groupement n’a pas de conscience mais un groupement d’hommes consciencieux est un groupement doué de conscience »

« La masse des hommes sert ainsi l’Etat non point tant en humains qu’en machines avec leurs corps. »

HDT juge le gouvernement américain comme une organisation politique où l’oppression et le vol sont organisés – 1/6ème de la population est réduite à l’esclavage. (Référence à l’invasion de l’armée U.S.A. au Mexique). Comme Paley (1785) il pense à la notion d’ordre menacée en référence à son livre « du devoir de soumission au gouvernement civil ».

Il trouve que la masse accepte sans rien faire de sérieux  et d’efficace. Il arrive que certains signent quelque pétition et attendent que d’autres remédient au mal afin de ne plus avoir à le déplorer.

 

« Il y a des milliers de gens qui, par principe, sont opposés à la guerre et à l’esclavage mais qui en fait ne font rien pour y mettre un terme. »

Choisir même un candidat à la présidence est voué à une affaire d’opportunisme.

Le devoir d’un homme est de ne pas donner appui au mal qu’il condamne, soit en obéissant aux ordres directement, soit par leur argent pour fournir un remplaçant.

 

« Pour un seul Homme vertueux, il y a 999 défenseurs de la vertu. »

« Même voter ce qui est juste ce n’est encore rien faire pour la justice. Ce n’est qu’exprimer faiblement son désir de la voir triompher. »

« Un sage n’abandonne pas la justice au caprice du hasard, ni ne souhaite qu’elle triomphe par le pouvoir d’une majorité. »

« L’erreur la plus vaste et la plus répandue exige pour la soutenir la vertu la plus désintéressée. »

« Comment peut-on se satisfaire d’avoir une opinion et puis en rester là ? »

« Il existe des lois injustes : nous contenterons-nous de leur obéir ? Ou tenterons-nous de les amender, jusqu’à ce que nous soyons arrivés à nos fins ? Ou les transgresserons-nous tout de suite ? »

L’Homme a peur de résister à une loi injuste pensant que ce peut être pire que le mal qu’il combat.

Pour HDT, chacun doit être le frottement nécessaire à la machine gouvernementale pour que l’usure ne permette pas l’injustice.

Le gouvernement devrait s’appuyer sur les citoyens qui restent en alerte pour lui signaler ses erreurs.

 

« Si la machine par nature peut faire de vous l’instrument de l’injustice envers votre prochain alors, je vous le dis, violez la loi. Que votre vie soit un contre frottement pour bloquer la machine. Il me faut veiller, en tout cas, à ne pas prêter au mal que je condamne. »

HDT dit aussi « je suis venu en ce monde, non tant pour en faire un lieu où il fasse bon vivre, mais pour un vivre, qu’il soit bon ou mauvais ».

« Je rencontre une fois l’an le gouvernement américain (de l’Etat) en la personne de mon percepteur, qui a décidé de le servir. Même si en tant qu’homme, nous sommes bon voisins, c’est donc à lui que je dois manifester mon mécontentement en ne payant pas l’impôt. Même si je suis seul,  car il importe peu que le commencement paraisse humble. »

«  La vérité est plus forte que l’erreur ».

« Tout Homme qui a raison contre ses voisins constitue déjà une majorité d’une voix. »

L’éloquence et l’efficacité viennent à celui qui a éprouvé l’injustice envers sa personne.

« Sous un gouvernement qui emprisonne quiconque injustement, la véritable place d’un homme juste est aussi en prison. »

L’argent met sous le boisseau l’Homme riche ainsi que sa vertu, sa base morale.

Refuser de payer l’impôt implique les fureurs de l’Etat envers le citoyen et sa descendance. Il n’aura de cesse de harceler et de s’en prendre à ses biens. Ceci implique que le citoyen doit rester pauvre ou évite de s’enrichir, qu’il loue son logement ou occupe illégalement un logement et soit prêt à partir.

 

« N’y a t il pas en quelques sortes effusion de sang lorsque la conscience est blessée ? Par cette blessure s’écoule la dignité et l’immortalité véritables de la personne humaine, et celle-ci, vidée de son sang, meurt pour toujours »

« La meilleure chose que puisse faire un homme riche est d’essayer de mener à bien les projets qui lui tenaient à cœur lorsqu’il était pauvre. »

Pour HDT la nuit en prison fut une expérience nouvelle et intéressante, la prise de conscience de l’impuissance de l’Etat devant la désobéissance civile, la liberté n’est pas enfreinte par les murs, encore moins les méditations et la poésie ni même la menace que constitue cette désobéissance. D’autres personnes pour lui payèrent l’impôt.

« Je vis que l’Etat était un nigaud et je perdis le peu de respect que j’avais pour lui et j’eus pitié de lui ».

« Le monde n’est pas gouverné par la politique partisane et l’opportunisme »

Pour les gouvernants, la qualité n’est pas la sagesse mais la prudence, la vérité n’est qu’un opportunisme cohérent.

Confucius dit : « Si un Etat est gouverné par un principe de la raison, pauvreté et misère sont sujets de honte; si un Etat n’est pas gouverné par les principes de la raison, richesse et honneur sont sujets de honte. »

« Une minorité est sans pouvoir tant qu’elle se conforme… »

« Si un homme a le cœur libre, l’esprit libre et l’imagination libre ; puisque ce qui n’existe pas ne lui apparaîtra pas longtemps comme existant, les gouvernements ou les réformateurs sans sagesse ne mobiliseront pas durablement son attention.

Il n’y aura jamais d’Etat réellement libre et éclairé tant que l’Etat n’en viendra pas à reconnaître l’individu comme une puissance supérieure et indépendante dont découlent tout son propre pouvoir et toute son autorité et tant qu’il ne le traitera pas en conséquence ».

 

ADHESION, DON
L'ADHESION
Une démarche militante.

LE DON
Votre soutien citoyen

Bulletin d'adhésion 2019
ACCUEIL
Horaires d'accueil du public
mercredi 9h-12h et 15h-18h samedi 10h-13h

Nous vous invitons à consulter ci-dessous notre planning d'accueil du public.  width=
Tel : 05 61 78 66 80
Résidence Le Dauphiné (rez-de-chaussée)
2 Allée du Limousin
31770 Colomiers

crnv.midi-pyrenees@wanadoo.fr

SUIVEZ-NOUS !
Facebook Facebook
VIDEO

Gandhi, un simple être humain, un avocat, avec ses défauts qui a fait un parcours vers la non-violence. Il a pu employer des propos qui peuvent nous paraître polémiques, racistes. Mais il a su être un guide aussi, contre ces défauts-là.

CONFERENCES


Conférence de Catherine Clément sur Gandhi donnée le 12 mai 2011 dans le cadre de l'Université populaire du quai Branly (UPQB).

A LA RADIO