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Etienne de la Boétie
Étienne de la Boétie
naît le 1 novembre 1530 à Sarlat dans le Périgord. Son père est
lieutenant d'un sénéchal du Périgord. Il fait ses études au collège de
Guyenne (le plus brillant collège du Midi) puis étudie le droit à
Orléans. L'école de droit est alors en même temps école de philosophie
(en particulier averroïste) et constitue un foyer actif pour la
diffusion de l'humanisme et même de la Réforme. À vingt-trois ans, la
Boétie est conseiller au Parlement de Bordeaux. Il est le collègue de
Montaigne à qui il inspire une amitié passionnée et est partisan des
thèses modérées de Michel de l'Hospital. Poète, auteur de nombreux
sonnets, de vers latins, de traductions de Xénophon et de Plutarque,
il est surtout connu pour son Contr'un ou Discours sur la
servitude volontaire qui, sans défendre de système politique
particulier, constitue une très sévère critique contre la tyrannie. Il
meurt le 18 août 1563, à l'âge de trente-trois ans. Le Contr'un
n'est publié qu'après sa mort, en 1574 dans un recueil collectif
d'inspiration protestante, Le réveil-matin des Français. Le
texte fut réimprimé à chaque période de lutte pour la démocratie (en
1789, en 1835, en 1857 contre Napoléon III)
Pour La Boétie, il ne peut exister de tyrannie sans
assentiment du peuple. De ce point de vue, la servitude est donc par
essence volontaire. Le tyran est en effet toujours seul face à des
millions d'hommes et il suffirait que ces millions d'hommes cessent
d'obéir pour que la tyrannie disparaisse. Le rapport de force est
toujours en faveur des gouvernés. La nature nous soumet naturellement
à nos parents et à la raison mais ne nous fait esclaves de personne.
Nous sommes donc esclaves parce que nous le voulons bien. Mais vivre
libre, c'est être heureux. La servitude volontaire apparaît donc comme
une réalité paradoxale, un problème qu'il s'agit de résoudre. Pourquoi
donc les peuples acceptent-ils de se soumettre à un tyran ?
La première raison réside dans l'habitude. L'homme qui connaît la
liberté n'y renonce que contraint et forcé. Mais on s'habitue à la
servitude et ceux qui n'ont jamais connu la liberté « servent sans
regret et font volontairement ce que leurs pères n'auraient fait que
par contrainte »
La deuxième raison est que les tyrans affaiblissent leur peuple. Ils
le feront par exemple en leur donnant des jeux, des spectacles. Le
tyran allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude.
Le tyran accorde des largesses à son peuple sans que celui-ci se rende
compte que c'est avec l'argent même soutiré à ses sujets que ces
divertissements sont financés. Certains tyrans, avant de commettre
leurs crimes, font de beaux discours sur le bien général et la
nécessité de l'ordre public. D'autres utilisent l'artifice de la
religion pour susciter la crainte du sacrilège, utilisant la tendance
de l'ignorant à la superstition.
Enfin, la dernière raison qui permet la tyrannie est qu'une partie de
la population se met à son service par cupidité et désir d'honneurs.
Certains hommes flattent leur maître espérant ses faveurs, sans voir
que la disgrâce les guette nécessairement, devenus complices du
pouvoir. Ainsi se forme la pyramide sociale qui permet au tyran d'« asservir
les sujets les uns par le moyen des autres » La résistance et
l'usage de la raison sont donc les moyens de reconquérir la liberté
(La Boétie ne fait aucune théorie de la révolte populaire) car des
tyrans on peut dire qu'« Ils ne sont grands que parce que nous
sommes à genoux » Il n'est donc pas besoin de combattre les
tyrans, il suffit de ne plus consentir à la tyrannie. « Soyez
résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » Caractéristique
de l'idéalisme humaniste, la pensée de La Boétie suppose une histoire
produite par la seule intention des hommes sans voir que la politique
a aussi son autonomie et sa spécificité.
Source :
http://perso.wanadoo.fr/sos.philosophie/boetie.htm#section1
Voir sur le site l'intégralité du Discours
de la servitude volontaire |