Editorial par François Marchand
Co-président de Non-violence
XXI et membre du Comité de rédaction d'Alternatives
Non-violentes.
"Je fais un rêve …
"Je rêve qu'un
jour, sur les collines rouges de Georgie,, les fils des anciens
esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront
s'asseoir ensemble à la table de la fraternité…
"Je rêve que mes
quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront
pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur leur personnalité…
"Je rêve qu'un
jour l'État du Mississipi lui même, un État désert qui étouffe dans
la fournaise de la haine et de l'injustice, sera transformé en une
oasis de liberté et de justice.
"Je rêve qu'un
jour l'État d'Alabama, dont le gouverneur n'a actuellement à la bouche
que les mots de séparation et d'annulation, se transformera en une
terre où les petites filles et les petits garçons noirs pourront
donner la main aux petites filles et aux petits garçons blancs et
aller ainsi, la main dans la main, comme des sœurs et des frères…"
Le 28 août
1963, Martin Luther King parle ainsi aux 250
000 manifestants de la cause des Noirs américains devant le Mémorial
d'Abraham Lincoln à Washington; il lâche soudain ses notes pour
improviser un discours qui va devenir célèbre : "I have a dream".
Quarante et
un ans plus tard, l'État du Mississipi n'est
toujours pas une "oasis de liberté et de justice", mais n'est plus, de
toute évidence, "une fournaise de haine et d'injustice"; les enfants
et les petits enfants de Martin peuvent encore souffrir de la couleur
de leur peau, mais sont beaucoup plus souvent jugés sur leur
personnalité. La discrimination positive, la politique scolaire ont,
depuis 40 ans permis à beaucoup d'enfants Noirs et Blancs de se donner
la main – pas tous. Le gouverneur d'Alabama peut encore parler de
séparation ou l'évoquer à demi mot, mais un autre État raciste du Sud,
la Virginie, a élu en 1990 le premier gouverneur noir(1) d'un État
américain ; en 2004, c'est un noir, Colin Powel, qui est le ministre
des affaires étrangères des États-Unis, malheureusement d'aucuns en
auraient préféré un autre, moins controversé. Aucun Noir n'a encore
été candidat à la présidence des États-Unis, mais l'un d'entre eux
s'en est approché (2). La réalisation du rêve n'est donc pas totale,
mais Martin Luther King avait rêvé plutôt juste. Le rêve a pu être
réalisé car il relevait de caractéristiques primordiales du combat
non-violent: des principes fermes, des objectifs raisonnables et des
moyens justes. Cela ne donne ni victoire totale, ni écrasement de
l'adversaire, mais ouvre la porte à une avancée significative qui
justifie, a posteriori, le combat mené.
Vingt et un
auteurs, proches de la non-violence, dont de
nombreuses personnalités membres de Non-violence XXI, se sont
essayés, eux aussi, à rêver leur combat non-violent: un aboutissement
dans 10 ou 20 ans pour certains, 50 ou 90 ans pour ceux qui ont un
optimisme plus modéré… Pas de grandes révolutions, mais un début de
réalisation de l'utopie d'une culture de non-violence. Alternatives
Non-violentes et Non-violence XXI ne leur ont pas demandé
de s'improviser orateur comme l'illustre prédécesseur, mais seulement
de se mettre dans la peau d'un journaliste du futur: ils ont copié le
style d'un journal d'aujourd'hui; cette technique autorise bien des
rapprochement inattendus, des retours critiques sur un "passé" qui est
notre actualité… et l'humour surgit souvent au détour d'une phrase.
Ceci commence en
2009, l'année où s'achève(ra) la Décennie internationale de l'ONU
pour la promotion d'une culture de non-violence et de paix aux
profits des enfants du monde; rêvons que cela pourra continuer au
delà, jusqu'en 2099 !.
À la seule lecture de
ces 21 titres, chaque lecteur saura-t-il y retrouver son propre rêve ?
|
SOMMAIRE
-
Circulaire de Mme la
Ministre de l'Education, Elisabeth Maheu
-
Des sportifs
licenciés en non-violence, Eric Mahot-Guise
-
Défense
nationale : la France abandonne le nucléaire et investit dans les
stratégies civiles de défense, Alain Refalo
-
Le pape Jean
XXIV condamne la doctrine de la guerre juste, Bernard Quelquejeu
-
Nucléaire civil
: la dernière centrale éteint la lumière dans la Vienne, Michel
Bernard
-
Israël/Palestine
: les civils s'en mêlent, les armes s'emmêlent, Jean-Marie Muller
-
La non-violence
arrive sur la lune, Jacques Arnould
-
Le nouveau 14
juillet, Etienne Godinot
-
La Mecque et les
Patriarches, Patrick Jacquemont
-
Prendrons-nous
le deuil du preneur d'otages ?, Jacques Ricot
-
Sarajevo,
capitale de l'ouverture de l'Europe, François Lhopiteau
-
Pub : Paris
respire enfin comme toute la France, François Vaillant
-
Le commerce
équitable est devenu en 2025 plus important que le commerce sous
emprise libérale, Sébastien Godinot
-
Le retour de
Tobin : une fiscalité internationale de paix et de coopération,
Jacques Cossart
-
Ludus prop Pace
(Jeu pour la paix), Philippe Liotard
-
Les entreprises
mondialisées substituent les médiateurs interculturels aux hiérarchies
traditionnelles, Isabelle Filliozat
-
Jérusalem : la
société concessionnaire du tramway gagne enfin de l'argent ! Dommage,
son contrat s'achève l'année prochaine..., François Marchand
-
Un ministre
pincé... la main dans le sac des non-violents !, Georges Gagnaire
-
100 ans après
Hiroshim... L'arme nucléaire, désinventée, Patrice Bouveret
-
Larzac, soirée
au Rajal del Gorp, François Bondeville
-
La peine de mort
supprimée dans les 53 Etats américains, Marc François
|
| Comité
d'orientation : Paul
BLANQUART, Bernard BOUDOURESQUES, Patrice COULON, Etienne GODINOT,
François MARCHAND, Virginie MARTIN, Jean-Marie MULLER, Bernard
QUELQUEJEU, Alain REFALO, Christian ROBINEAU, Hans SCHWAB, Jacques
SEMELIN, Marlène TUININGA, Jean VAN LIERDE.
Directeur de publication :
Christian DELORME
Rédacteur en chef :
François VAILLANT |
ALTERNATIVES NON-VIOLENTES Centre 308
82 rue Jeanne d'Arc
76000 ROUEN
Tel/Fax : 02 35 75 23 44
anv.revue@wanadoo.fr |