Ce rêve, je vous le
soumets car je pense qu'il donne du sens et de la force à la
construction collective d'une manifestation à naître.
Pour le respect de la
terre et de l'humanité.
Que ce rêve soit
prémonitoire !
La foule se
presse en ce premier jour de festival régional « Camino pour la
non-violence ». La première édition du festival débute sur les chapeaux
de roues et de nombreux hommes politiques participent à l'inauguration
de cette première en France. Un an après le référendum pour la
constitution européenne, c'est un véritable cataclysme qu'a vécu la
classe politique. Le « non » a bousculé les partis traditionnels.
Aujourd'hui, chacun sait que des milliers de personnes ont investi des
mouvements de la société civile agissant pour la non-violence, le
respect de l'humanité et de la terre. Je n'ai jamais vu autant de monde
et autant d'enthousiasme pour penser une autre société. Ici et là, des
slogans sur d'énormes banderoles décorent tous les espaces du centre
ville de Tournefeuille à coté de Toulouse : « un autre monde est
possible avec la non-violence », « la non-violence est une véritable
force pour combattre les injustices », « il n'existe aucune guerre qui
soit juste »…
Le Président
du Conseil Régional est venu prendre la parole sur l'énorme scène
centrale. Il déclare, haut et fort, que la Région Midi-Pyrénées va
investir des sommes importantes pour former tous les lycéens à la
communication non-violente et la gestion positive des conflits. Tous les
Présidents des Conseils Généraux annoncent la création d'un fond dédié à
la création de formations à l'action non-violente pour tous les
collégiens et l'ensemble des travailleurs sociaux. L'accent est
également mis sur les nécessaires participations de tous les habitants
des quartiers dits populaires, premiers touchés par de multiples
injustices sociales, économiques et environnementales.
Le Maire de
Tournefeuille valorise son plan local de réduction des panneaux
publicitaires, véritables formatages de nos esprits. Les 150 Maires
présents signent la Charte de l'abolition de la publicité dans les
agglomérations ainsi que sur tous les véhicules de transports en commun.
L'ensemble de la classe politique annonce, sous la pression de la
société civile depuis de longs mois, une sorte de plan Marshall pour la
création d'éco hameaux dans les campagnes pour résoudre le grave
problème du logement en France. Ces éco hameaux où constructions riment
avec lien social et respect de l'environnement étaient attendus par des
milliers de personnes qui, chaque jour, manifestaient leurs
mécontentements par d'impressionnantes manifestations silencieuses dans
toutes les communes de la région.
Devant plus
de 1000 personnes issues de tous les mouvements alternatifs et
solidaires, l'intervention magistrale de Patrick VIVERET sur
« Reconsidérons les richesses » a abouti à l'élaboration d'un véritable
projet de vie pour notre société. Une Charte pour le respect de la terre
a été signée par tous les porte-parole ainsi que par tous les décideurs
politiques. A titre d'exemple, ce texte fondateur efface de notre
culture le Produit Intérieur Brut pour le remplacer par une autre
référence qu'est le Bonheur Intérieur Brut. Tous les critères
nécessaires à l'analyse de cette nouvelle référence sont maintenant en
place. Chacun peut désormais devenir artiste de sa propre vie loin des
servitudes des seules logiques du Marché, souvent destructrices de notre
terre qu'il nous maintenant sacraliser. Dans le cas contraire, nous nous
dirigerons droit dans le mur.
Au centre du
festival, un village associatif accueille une multitude de personnes qui
agissent pour le respect de l'environnement, de l'économie alternative
et solidaire, de l'éducation à la communication non-violente et à la
gestion positive des conflits. D'autres exposent leurs actions sur les
défenses des minorités et de tous les opprimés de la terre.
Dans un
petit bois, juste en face du cinéma Utopia, un espace ludique est dédié
au bien-être. Agrémenté d'une pagode et de tentures multicolores, des
associations font découvrir les bienfaits du massage crânien et de la
réflexologie tout comme du yoga pour enfants, de l'Aïkido ou encore du
Taï chi. On peut apercevoir, en plusieurs endroits, des « bars à
palabres » et de nombreuses expositions sur d'autres manières d'entrer
en résistances contre les injustices. De véritables agoras politiques,
philosophiques et poétiques s'improvisent à chaque instant.
« Les
Utopistes Associés » ont apporté toute leur énergie dans l'organisation
de projections de films et de conférences sur le thème de la
non-violence. Tous les formateurs de France en communication
non-violence ont fait le déplacement et proposent des ateliers de
découverte sur la gestion positive des conflits.
Les hommes
politiques en perdent leur latin. Ils ne sont plus les seuls à penser ou
décider pour les autres. Le Maire d'une des communes de l'agglomération
toulousaine me confie les mots suivants : « Je comprends aujourd'hui que
la participation des citoyens à la vie de la cité ne peut s'accompagner
que d'un partage du pouvoir local. Mais comment ais-je pu raisonner
autrement pendant tant d'année ? ». Et de rajouter un instant après :
« Ce festival Camino est une avancée majeure pour la préparation de
notre avenir ».
A coté de
cet élu, un groupe de jeunes de Toulouse chante à capella un refrain
d'une de leurs chansons : « Se sentir utile et fort, c'est savoir gérer
les conflits sans le dérèglement de ce dernier qu'est la violence. Créer
des forces de convictions collectives sans les armes de la violence,
c'est utiliser la non-violence comme une arme politique et sociale,
redoutable et cohérente avec le respect de soi et des autres. C'est
enfin assister à une véritable réhabilitation de la vie en société et de
la vie politique »
3 grandes
scènes sont installées. Une centaine de créations artistiques, préparées
depuis de longs mois, vont être présentées par des jeunes de quartiers
et des collèges. A chaque fois des messages de paix, de fraternité et de
non-violence vont être exposés. Depuis ce matin, déjà nous avons pu
assisté à de véritables performances notamment avec des jeunes qui ont
montré la nécessité de lutter contre des injustices quotidiennes en
valorisant la force de l'action collective et non-violente. De
véritables prouesses artistiques et des messages politiques bien
trempés ! Un jeune interpelle un de ses anciens professeurs de collège :
« Monsieur, en préparant mon spectacle, j'ai appris beaucoup.
Aujourd'hui, je vous fais une proposition pour votre collège. Créez des
espaces de paroles pour que tous les élèves et leurs parents puissent
exprimer leurs ressentis et leurs demandes. Vous verrez alors que la
violence s'estompera au moment où chacun aura été entendu
individuellement et collectivement ».
A la fin de
la soirée et à l'heure de l'apéro servi par le réseau des AMAP*, les
organisateurs lancent le « manifeste Camino » pour la non-violence avec,
à la clé, la création de réseaux locaux dans toutes les communes de
France. La « génération non-violence » est en marche pour de longues
années.
En direct du
Festival « Camino », ce jeudi 1er juin 2006.
Patrick
JIMENA Directeur de l'A.C.S.E, Association Columérine Socio-Educative,
Club de Prévention Spécialisée Vice-président du Centre de Ressources
sur la Non-Violence de Midi-Pyrénées Organisateur avec l'A.C.S.E et un
collectif à construire du Festival Régional Camino les 1, 2 et juin 2006
Contact
06.81.84.39.97 ou 05.61.78.40.74
*Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP)