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MANIFESTE CAMINO
Agir pour la non-violence
Nous, citoyen-ne-s, élu-e-s,
associations, institutions
DÉCLARONS
L’humanité est malade de la
violence : Injustices quotidiennes, relations de domination/
soumission ou d’exclusions, guerres, crimes contre l’humanité,
terrorismes, violations des droits de l’homme, course aux armements de
destruction massive… menacent désormais l’avenir de la planète et mettent
en péril l’idée même de civilisation humaine.
Toute violence est un échec,
un mal et un malheur. Toute violence porte atteinte à la dignité
de l’autre. La violence est le viol de l’humanité de l’homme et la
négation de sa personnalité. C’est pourquoi aucune violence n’est
légitime. Toute philosophie, toute spiritualité, toute religion, toute
politique qui ne délégitime pas radicalement la violence porte en elles
les germes de l’intolérance, du racisme, de l’intégrisme et de la guerre.
La violence n’est pas un
droit de l’homme. Répondre à la violence par une autre violence,
c’est s’enfermer dans le cycle sans fin des ressentiments, des revanches
et des vengeances. Une cause juste ne justifie pas des moyens injustes.
C’est le contraire qui est vrai : des moyens injustes déshonorent une
cause juste. Seuls des moyens justes peuvent construire une société juste.
Avec Gandhi, nous disons : la fin est dans les moyens comme l’arbre dans
la semence.
Dire « non à la violence » ne
suffit pas. Le « non » que la non-violence oppose à la violence
n’est pas un non de négation, mais un non de résistance. La non-violence
est une sagesse pratique qui ne nie pas le conflit, mais combat les
injustices et les discriminations avec des méthodes de lutte qui
respectent l’humanité de l’homme. La non-violence nous invite également à
inventer des modes de vie respectueux de tous et indissociables de la
protection de l’environnement.
La non-violence peut être une
force d’action collective puissante qui a montré toutes ses
potentialités dans les luttes pour les droits de l’homme et pour le
respect de l’identité des peuples. La stratégie de l’action non-violente
permet également d’intervenir sans armes dans les zones de conflit afin de
faire cesser les violences et de construire la paix.
Choisir la non-violence,
c’est refuser que notre existence et notre histoire soient soumises à la
fatalité de la violence, c’est vouloir ouvrir un chemin de liberté qui
permette aux hommes de se réconcilier avec leur propre humanité et de
construire un avenir fraternel.
Avec les
Nations Unies qui ont proclamé 2001-2010 « Décennie internationale de la
promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des
enfants du monde », nous déclarons aussi que l’enjeu pour les décennies à
venir est d’oeuvrer pour :
• Sortir de
la culture de la violence qui domine l’humanité ;
• Inventer et
construire une culture de la non-violence et de la paix qui offre une
nouvelle espérance à nos civilisations.
ET PROPOSONS
A tous les acteurs de la
société civile, citoyens et institutions, de s’engager dès aujourd’hui
dans une réflexion et une action pour promouvoir cette culture de la
non-violence.
Sur le plan éducatif :
Développer et diffuser les
initiatives pour l’éducation à la non-violence (délégitimation de la
violence, respect, solidarité, coopération) et à la gestion positive des
conflits, de l’école à l’université.
Lutter contre la valorisation de la
violence, de la guerre et des armes à feu particulièrement dans les jeux
vidéo et à la télévision.
Développer la pratique des jeux
coopératifs, outils pédagogiques qui initient des comportements d’entraide
et de solidarité.
Sur le plan culturel :
Engager un dialogue interculturel qui
permette de discerner dans chaque tradition les valeurs qui constituent
des pierres d’attente sur lesquelles il est possible de construire une
culture de la non-violence.
Développer les pratiques artistiques
porteuses de messages de non-violence.
Sur le plan politique :
Institutionnaliser la formation à la
non-violence dans toutes les strates de la société, dans les quartiers,
les écoles, les clubs sportifs, les entreprises, les institutions
politiques et sociales.
Rechercher les voies d’un exercice
non-violent de l’autorité dans toutes les situations de pouvoir pour
sortir des relations de domination/soumission, sources de violences.
Articuler initiatives citoyennes et
programme constructif pour donner à la démocratie les perspectives d’une
gestion participative de la cité.
Sur le plan social :
Encourager et multiplier le recours à
l’action citoyenne non-violente pour lutter contre les injustices
économiques et sociales ainsi que toutes les discriminations.
Promouvoir les droits des exclus et
la dignité de la personne humaine.
Sur le plan économique :
Développer les initiatives
alternatives en faveur de l’économie solidaire, de la protection de
l’environnement, du commerce équitable, de l’agriculture biologique pour
que l’économie soit au service de l‘homme et respectueuse de
l’environnement.
Sur le plan international :
Valoriser et développer les
interventions civiles non armées sur les lieux de conflits afin de
rétablir ou construire la paix sur des bases solides.
Pour
signer le Manifeste |